L’effondrement du premier trimestre est un défi commun pour les dirigeants
Le mois de janvier démarre sur les chapeaux de roue. Vous faites des projets, vous vous fixez des objectifs, vous cherchez à vous développer. Mais en février et mars, l’élan initial s’estompe. De nombreux dirigeants le ressentent, une baisse de motivation, le sentiment que les progrès sont plus lents que prévu. Cette situation ne vous est pas propre. Il s’agit d’un cycle bien documenté.
En début d’année, les dirigeants jonglent avec la stratégie, le budget et les objectifs de performance. Les ingénieurs sont confrontés aux feuilles de route des produits, à l’embauche et à la dette technique. La charge de travail est intense et les attentes sont élevées. Mais la motivation n’est pas une ligne droite. Elle fluctue. La clé n’est pas de la combattre, mais de comprendre pourquoi elle se produit et de planifier en conséquence.
Les personnes très performantes ne s’essoufflent pas par manque de discipline. Ils s’essoufflent parce qu’ils se surpassent sans tenir compte du flux et du reflux naturels de la productivité. Les dirigeants qui parviennent à ce résultat s’adaptent à leur rythme. Ils reconnaissent les baisses de motivation et adaptent leur approche avant que l’épuisement ne s’installe.
Des attentes démesurées peuvent miner la motivation
L’optimisme de janvier est souvent trompeur. On a l’impression que tout est possible. Les équipes se fixent des objectifs ambitieux, poussées par les pressions extérieures, les délais, les exigences du marché, les attentes des investisseurs. Mais la motivation externe s’estompe rapidement. Que se passe-t-il lorsque vous n’atteignez pas les premières étapes ? Si les attentes ne sont pas gérées, l’enthousiasme se transforme en frustration.
Le problème est de fixer des attentes élevées sans fixer de délais réalistes. On ne passe pas du concept à l’exécution du jour au lendemain. Vous ne corrigez pas la dette technique ou de créer de nouvelles fonctionnalités en un seul trimestre. Les dirigeants doivent fixer des objectifs clairs et structurés qui tiennent compte du temps d’exécution, et pas seulement de l’ambition.
Les progrès doivent être mesurables et tangibles. Si les équipes ne voient pas de mouvement, elles se désengagent. La meilleure approche ? Décomposer. Définissez des étapes réalisables qui maintiennent l’élan sans submerger l’équipe. Il n’est pas nécessaire d’abaisser la barre. Vous devez structurer le chemin.
Les restes de travail de l’année précédente ralentissent les progrès
Une nouvelle année n’efface pas le passé. Le premier trimestre est souvent consacré au travail inachevé, à la clôture de projets, à la réorganisation des équipes et à l’optimisation des processus. C’est nécessaire, mais vous pouvez aussi avoir l’impression de ne pas progresser. C’est alors que la frustration s’installe.
Diriger, c’est gérer les attentes, les vôtres et celles de votre équipe. Si les gens ont l’impression de travailler dur sans obtenir de résultats, la motivation diminue. En réalité, le travail de base, la correction des inefficacités, la résorption des retards, ne produisent pas de gains immédiats. Mais il permet d’accélérer les choses par la suite.
L’un des moyens d’y parvenir est la visibilité. Assurez-vous que les équipes savent pourquoi elles font ce qu’elles font. Célébrez les victoires progressives. Si un processus est optimisé, mettez-le en évidence. Si un goulet d’étranglement est éliminé, signalez-le.
Les pics d’adrénaline en janvier entraînent des baisses d’énergie plus tard
Le mois de janvier est synonyme d’excitation. La nouvelle année, les nouveaux objectifs, les nouvelles opportunités, tout cela alimente l’élan. Mais l’adrénaline n’est pas durable. Ce qui commence comme une poussée d’énergie en janvier se transforme souvent en épuisement au mois de mars. C’est ainsi que fonctionnent les cycles énergétiques humains.
Le problème est que de nombreux dirigeants confondent ce changement avec un désengagement. Ils constatent une baisse d’enthousiasme et en déduisent que les gens ne sont pas motivés. Ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un recalibrage naturel. Le cerveau ne peut pas fonctionner en permanence à une intensité maximale. Il a besoin de périodes de récupération stratégiques.
Les dirigeants avisés anticipent cette situation. Ils structurent le premier trimestre en tenant compte du rythme. Au lieu de pousser à fond en janvier, ils prévoient des points de contrôle. Ils veillent à ce que la charge de travail soit équilibrée tout au long du trimestre, en tenant compte des fluctuations naturelles de l’attention et de l’énergie. Ainsi, les équipes restent productives sans s’épuiser.
Les efforts trop importants en début d’année conduisent à l’épuisement professionnel
Un départ rapide peut poser problème s’il n’est pas géré. Les dirigeants fixent des objectifs ambitieux, les équipes s’efforcent de les atteindre et, avant même que vous ne vous en rendiez compte, les gens sont à bout de souffle. C’est une erreur courante que de penser que plus d’efforts équivaut toujours à de meilleurs résultats. Ce n’est pas le cas. Des performances soutenues l’emportent toujours sur de courtes périodes de surmenage.
L’épuisement professionnel survient lorsque l’effort n’est pas accompagné de récupération. Les gens travaillent tard le soir, sautent des pauses, se battent contre l’épuisement, jusqu’à ce qu’ils se heurtent à un mur. À ce moment-là, la productivité ne se contente pas de chuter, elle s’effondre. Il est beaucoup plus difficile de remédier à cette situation que de la prévenir.
Les meilleurs leaders optimisent l’endurance. Cela signifie qu’ils intègrent activement la récupération dans les cycles de travail. Encourager les équipes à faire des pauses. Reconnaître les charges de travail excessives. S’assurer que les gens ne travaillent pas seulement plus, mais qu’ils travaillent efficacement. La performance est un jeu de longue haleine. Les meilleurs résultats sont obtenus par des dirigeants qui l’ont compris.
Fixer des micro-objectifs permet de maintenir l’élan
L’élan permet de réaliser des progrès constants. Lorsque les objectifs sont trop vastes ou trop éloignés, la motivation s’estompe. Les équipes ont besoin de voir le mouvement, de sentir le progrès et d’éprouver un sentiment de réussite. Le moyen le plus simple d’y parvenir ? Les micro-objectifs.
La décomposition des grands objectifs en petites étapes réalisables maintient la motivation à un niveau élevé. Le cerveau est conçu pour répondre aux récompenses. L’accomplissement de tâches, même mineures, déclenche une réaction dopaminergique qui renforce la motivation. C’est prouvé. Teresa Amabile, professeur à la Harvard Business School, et Steven Kramer, chercheur, ont analysé 12 000 entrées de journaux intimes de professionnels. Leurs conclusions ? Les petits progrès quotidiens ont un impact plus important sur la motivation que les grandes étapes.
C’est pourquoi équipes performantes se concentrent sur des cycles courts, des sprints hebdomadaires, des itérations rapides, des victoires visibles. Chaque tâche accomplie alimente la dynamique de la suivante. Le résultat ? Les équipes ne se contentent pas de travailler plus dur ; elles restent engagées, concentrées et motivées.
Se reconnecter à son objectif personnel peut raviver la motivation
Les dirigeants ne restent pas motivés uniquement en raison d’objectifs, de délais ou de mesures de performance. Ce type de motivation est temporaire. La motivation la plus constante provient de quelque chose de plus profond, l’objectif. Lorsque le travail s’aligne sur un objectif clair, il est plus facile de rester engagé, même pendant les périodes creuses.
Dans la précipitation de l’exécution, il est facile de perdre de vue les raisons pour lesquelles certains objectifs ont été fixés. Prendre le temps de réfléchir à la situation dans son ensemble, à la raison pour laquelle vous dirigez, à ce qui vous passionne dans votre rôle et à qui profite votre succès, peut rétablir la motivation lorsque l’énergie commence à baisser.
L’autonomie joue un rôle important à cet égard. Les dirigeants qui disposent d’une certaine souplesse dans la manière d’aborder leurs objectifs ont tendance à rester plus engagés. Le modèle « Squad » de Spotify en est un excellent exemple. Au lieu d’imposer des structures rigides, les équipes ont l’autonomie de s’organiser et de choisir des projets qui correspondent à leurs forces et à leurs intérêts. Lorsque les gens ont le sentiment de contrôler leur travail, ils sont plus susceptibles de rester engagés.
L’apprentissage continu et les défis à relever maintiennent la motivation à un niveau élevé
Le moyen le plus rapide de se démotiver est la répétition sans défi. Les gens sont plus performants lorsqu’ils apprennent, se développent et résolvent de nouveaux problèmes. Cette règle s’applique à tous les niveaux, de l’ingénieur débutant au cadre supérieur. Sans apprentissage continu, même les dirigeants les plus ambitieux stagneront.
Cela ne signifie pas qu’il faille constamment suivre une formation formelle. L’élargissement des compétences, la participation à des conférences sectorielles ou même le travail sur des projets interfonctionnels peuvent raviver l’engagement. L’essentiel est de rechercher activement de nouvelles expériences. Les cadres qui le font régulièrement améliorent leur propre leadership et donnent l’exemple à leurs équipes.
S’engager dans des activités en dehors du travail, qu’il s’agisse de prendre la parole en public, de faire du mentorat ou de résoudre des problèmes de manière créative, peut avoir un impact mesurable sur l’efficacité du leadership. Les équipes les plus performantes sont constituées par des dirigeants qui accordent la priorité à l’apprentissage continu et qui l’encouragent au sein de leur organisation.
La responsabilité et l’inspiration externes renforcent l’engagement
La motivation n’est pas seulement personnelle. Elle est également influencée par les personnes qui vous entourent. Lorsque les dirigeants partagent leurs objectifs avec d’autres personnes, qu’il s’agisse d’un mentor, d’un pair ou d’un coach, ils augmentent leurs chances de les atteindre. En effet, la responsabilité externe renforce l’engagement.
L’engagement public fonctionne. C’est pourquoi les dirigeants qui réussissent ont souvent des conseillers ou des membres du conseil d’administration qui les poussent à rester sur la bonne voie. Les meilleurs dirigeants ne se contentent pas de leur propre discipline ; ils s’entourent de personnes qui les stimulent et les inspirent.
Un autre facteur négligé est l’inspiration. Les dirigeants qui s’engagent avec des pairs très performants, qui lisent des articles sur les innovateurs du secteur ou qui suivent des visionnaires restent plus engagés. Regarder les autres relever des défis et réussir leur permet d’avoir une nouvelle perspective, ce qui les aide à rester concentrés même pendant les périodes difficiles.
Se concentrer sur l’impact permet de maintenir la motivation
Lorsque la motivation s’estompe, le moyen le plus efficace de se remettre à zéro est de se concentrer sur les résultats obtenus. Chaque décision influence d’une manière ou d’une autre la trajectoire de l’équipe, du produit ou de l’entreprise. Prendre du recul et reconnaître cette influence permet de maintenir un niveau d’engagement élevé.
Les cadres qui réfléchissent régulièrement à leur impact, qu’il s’agisse d’améliorer la culture d’entreprise, de stimuler l’innovation ou de favoriser la croissance, sont plus susceptibles de rester motivés. Au niveau de l’équipe, le fait de reconnaître les victoires, petites mais significatives, permet aux personnes de rester alignées sur les objectifs à long terme.
Une approche simple mais efficace consiste à poser des questions de réflexion à la fin de chaque semaine de travail :
- Quelle est la chose la plus importante que j’ai faite cette semaine ?
- Quel est le retour d’information que j’ai reçu et comment puis-je l’utiliser ?
- Quelles décisions ont eu un impact tangible sur mon équipe ou mon organisation ?
Lorsque les dirigeants agissent de la sorte de manière cohérente, ils créent un cycle de progrès continu, ce qui rend la motivation plus facile à maintenir.
Le repos et le recalibrage préviennent l’épuisement
Pour être performant, il faut optimiser son énergie. De nombreux dirigeants commettent l’erreur de croire que plus d’efforts équivaut à de meilleurs résultats, mais un stress prolongé sans récupération conduit à l’épuisement professionnel, qui détruit l’efficacité à long terme.
Les cadres qui prennent le temps de se recalibrer par l’activité physique, le travail créatif ou de simples remises à zéro mentales obtiennent de meilleurs résultats au fil du temps. Les meilleurs dirigeants le reconnaissent eux-mêmes et créent une culture où la récupération est valorisée.
Le cycle du stress est un facteur négligé de l’épuisement professionnel. L’élimination des facteurs de stress ne supprime pas le stress lui-même. Le corps a besoin d’une remise à zéro active, par le mouvement, l’interaction sociale ou une concentration profonde sur quelque chose en dehors du travail. Les dirigeants qui gèrent bien ce cycle évitent l’épuisement professionnel et conservent le type d’énergie qui leur permet, ainsi qu’à leurs équipes, de rester engagés tout au long de l’année.
Les dirigeants donnent le ton pour la motivation de l’équipe
La motivation d’un dirigeant a une incidence directe sur l’équipe. Si les dirigeants se poussent jusqu’à l’épuisement, les équipes reflèteront ce comportement. Si les dirigeants maintiennent une énergie constante et intentionnelle, l’équipe suit le mouvement.
Les gens réagissent au comportement des dirigeants. Lorsque les dirigeants se donnent du temps, reconnaissent les petites victoires et préviennent activement l’épuisement professionnel, les équipes se sentent habilitées à faire de même. Les meilleurs dirigeants ne se contentent pas d’obtenir des résultats ; ils créent des environnements où une motivation durable se développe.
« Le succès à long terme est le fruit de la constance. Les cadres les plus efficaces savent comment gérer leur propre énergie afin de maintenir un niveau de performance élevé tout au long de l’année ».
Dernières réflexions
Maintenir l’élan ne signifie pas qu’il faille sans cesse pousser plus loin. Il s’agit de comprendre les cycles d’énergie, de gérer les attentes et de procéder à des ajustements avant que l’épuisement ne s’installe. Les meilleurs dirigeants créent les conditions qui rendent possible le succès à long terme.
La motivation connaît des hauts et des bas. C’est inévitable. Ce qui distingue les leaders performants des autres, c’est la manière dont ils réagissent lorsque l’élan ralentit. Les bonnes stratégies, la décomposition des objectifs, la concentration sur le but à atteindre, l’apprentissage continu et le rythme de travail renforcent la résilience, tant au niveau personnel qu’au niveau de l’équipe.